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Pourquoi je ne reprendrai probablement pas les cours collectifs physiques

*EDIT*
Après une petite semaine de repos, j’ai les idées bien plus claires. J’ai observé les copines prof de yoga reprendre les cours avec les élèves, je les remercie d’avoir ouvert la voie à une reprise des cours en présentiel !

On est en fait assez loin du climat anxiogène que j’avais en tête. Et surtout, les chiffres semblent indiquer que le risque sanitaire est plutôt minime si on respecte des petites règles très simples :
– Groupe de 8 personnes

– Respecter 4m² entre chaque élève, et les gestes barrière à votre arrivée (gel ou lavage des mains)

– Venir avec son tapis et éventuellement accessoires (1 bloc)

Et comme j’ai envie de continuer les cours en ligne, tous les cours seront également sur zoom en direct.

*EDIT*

Après la publication hier des recommandations gouvernementales pour la reprise des activités sportives, je me suis posée tout plein de questions pour en arriver à cette décision.

Et j’aimerais prendre le temps d’expliquer pourquoi dans cet article.

J’ai décidé de ne pas reprendre les cours de yoga collectifs en salle

 

Que dit la loi ?

Alors, en ce moment il pleut des décrets et ordonnances tous les 2 jours donc à suivre, mais voilà aujourd’hui ce qu’il en est :

  • Les cours seraient possibles en intérieur à partir du 2 juin, sous réserve que le sol ne soit pas de la moquette ou de type “tatamis”.
  • Sont listées tout un ensemble de procédures de distanciations physiques et de désinfections nécessaires, des lieux & du matériel, avant et après utilisation.
    Comment on désinfecte un bloc de yoga en liège ? Est-ce que je demande à chaque élève de venir avec tout son matériel et j’ai juste à désinfecter le sol ? C’est une autre organisation.
  • Le port du masque n’est pas mentionné, d’un coté tant mieux, mettre l’emphase sur la respiration avec un masque c’est compliqué. Mais moi je m’étais dit que je porterai un masque.
  • Il faut mettre en place un affichage des consignes et faire signer une convention avec les élèves, sur tout ce qui est demandé par rapport aux procédures à mettre en place (j’imagine que c’est le même principe que l’affichette dans les aéroports… désolée je ne comprends pas).
  • Il faut noter noms et prénoms de chaque participants car dans le cas d’une contamination d’un élève il faudra pouvoir retracer le parcours de chacun.
  • Pas de vestiaire ou alors s’assurer que personne ne se croise, accès aux toilettes surveillés, un sac à part pour mettre ses chaussures, etc

La liste est longue, très longue, je n’ai pas eu le courage de lire les 4 pdf.

Bon, clairement, j’ai eu l’image que j’ai mis en illustration en tête, mais aussi celle terrible de ces enfants renvoyés à l’école dans des conditions presque “carcérales”. Alors ok, les élèves ne sont pas des enfants, mais est-ce que j’ai vraiment envie de faire cours dans ces conditions ?

Je n’ai aucune envie de faire cours dans ces conditions

Hé oui l’envie ! Parce que je reste convaincue que c’est parce que j’adore mon métier, j’adore transmettre que vous venez en cours, si je le fais par “obligation financière” ça perd de sa saveur.
On m’a encore rappelé très récemment à quel point c’était important de faire les choses parce qu’elles viennent du cœur, que ceux qui ne le font que pour l’argent ne tiennent pas sur la durée.

De plus, j’ai eu un cours plein à craquer le jour même de l’annonce du confinement, et je crois que beaucoup m’ont vu très tendue pour la première fois.
J’ai détesté l’expérience : Mais quelle horreur de devoir vérifier que chacun aille se laver la main avant de demander comment ça va ! De fliquer chaque élèves parce que tout le monde n’est pas formé aux protocoles sanitaires ! Que c’est frustrant de ne pas pouvoir ajuster les élèves ! 

Et c’était avant les dispositions qu’on nous demande de mettre en place :

Désormais il faut rajouter le fait de savoir qu’on va forcément frustrer des élèves en limitant le nombre de tapis si on doit respecter 4m² entre chaque élève, et cela va surement aussi aller avec une augmentation des tarifs (les frais restant les mêmes, voir augmentent avec tout ce qu’il faut mettre en place).

Et je parle des pollutions crées ? En plus des masques, gants, lingettes…tous ces détergents et désinfectants polluent l’air des espaces intérieurs qu’on vient respirer après. Pas terrible n’est-ce pas ?

Je trouve cela ultra anxiogène et plutôt contre-productif avec les motivations premières de la pratique du Yoga qui sont d’apaiser le mental et s’assurer d’une bonne santé.

Et pourtant qu’est-ce que j’ai envie de vous voir ! Mais je préfère rester alignée à ma vision des choses !

Vous me manquez ! C’est indéniable. Et j’ai qu’une seule envie, c’est vous retrouver.

Le bon vieux temps, ici un cours de Yin à L’Académie de Hatha Yoga, Marseille

Mais aujourd’hui on a réussi à mettre en place des cours en ligne qui nous permettent de garder le lien et de continuer à pratiquer ensemble.
C’est loin d’être idéal.
Mais le mieux est l’ennemi de bien.
De mon côté, je suis toujours très heureuse de voir vos frimousses sur mon ordinateur, j’ai l’impression qu’on a déjà réussi à s’adapter à la situation.

C’est une décision qui a un énorme impact financier, et voilà le seul argument à mes yeux pour la reprise des cours collectifs physiques.

Seule la motivation financière pour le professeur ou l’école justifie de reprendre les cours dans ces conditions. Et cela reste un excellent argument ! On mérite tous de vivre dignement de notre travail. Je ne juge absolument pas les professeurs et établissements qui prennent cette décision et dont la survie dépend de la reprise des cours. Je les admire pour cette décision courageuse et les observe en espérant apprendre grâce à eux.

(J’ajoute une petite parenthèse sur le statut d’indépendant : les lieux rémunèrent les professeurs à la prestation, sur facture. Cela veut dire qu’on est absolument pas protégé si on tombe malade, et honnêtement on enseigne le yoga par passion, les montants sont bien trop faibles pour qu’on prenne de tels risques)

Mais je me demande, pour l’élève à quoi bon ? Je ne pourrai pas vous ajuster ou m’approcher de vous, ni chuchoter un conseil à l’oreille, on pratiquera dans un climat anxiogène, les professeurs deviendront des agents du respect sanitaire au lieu d’être au service du bien-être, j’ai peur de devoir crier “DÉTENDEZ VOUS!!!” vu l’écart demandé entre les participants…
Sans parler du risque de quand même contaminer quelqu’un et de devenir un vecteur de maladie alors que je suis fière de rendre les gens en bonne santé !

Donc pour le moment je continue sur la lancée des cours en ligne, moi je suis rassurée, et vous vous continuez à pratiquez dans le confort de votre maison et en sécurité.

Et les cours privés ? Et en extérieur ?

Je réfléchis à la reprise des cours privés parce que c’est déjà plus réalisable, que ce soit au cabinet ou à domicile. Gérer une seule interaction est bien plus facile que gérer un groupe de 10 personnes. Avec les informations que j’ai aujourd’hui je pense que c’est possible de mettre cela en place dès le 2 juin.

Et parce que étant spécialisée en yoga thérapeutique et prénatal, parfois je sais que ces cours de yoga sont bien plus qu’un moment de détente.

Pour les cours en extérieur, sachant que tous les espaces publics qui n’ont pas besoin d’autorisation seront envahis, on revient sur le problème de base : Je n’ai pas vocation à être un vecteur de maladie, bien au contraire.

Et je le dis en rigolant, mais bon, on connait Marseille, je n’ai pas encore trouvé avec qui il fallait coucher ou à qui glisser la petite enveloppe pour avoir une autorisation. J’avance cependant avec un piste proposée par une élève (Gros Cœur sur elle d’ailleurs !).

 

Je suis évidemment ouverte à toute suggestion ou proposition que je n’avais pas envisagée.
Et je reste attentive à l’évolution des choses.

Mais voilà, je voulais partager mon ressenti.

Ca m’intéresse énormément de savoir ce que vous en pensez ! Je suis à côté de la plaque ou je reste cohérente ?

 

 

carine

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